PUBLICATIONS

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Le ciel clandestin

 

Jaune le bonheur

Poèmes avec 31 aquarelles
de Mona Rousseau

Les Écrits d’à côté, 2010

92 pages

ISBN 978-2-9811999-0-4

« J’ai le sentiment d’avoir écrit ce recueil dans le prolongement d’un geste plus ample, d’un mouvement amorcé avant moi, comme s’il s’agissait de poursuivre une œuvre inachevée... Peut-être en est-il toujours ainsi, que chaque existence est en soi une ébauche de création, un mouvement vers l’avant, et qu’il appartient à ceux qui suivent d’en prolonger le tracé, comme si nous étions cocréateurs d’une œuvre qui se déploie dans l’invisible, artisans de la vaste toile humaine… »

Ainsi la poète poursuit-elle à travers ces lignes sa propre «quête originelle», tandis que la fille, plus modestement, veut rendre hommage à la richesse et à la sensibilité de la femme qui fut sa mère. Lui rendre la poésie de son cœur qui savait s’émouvoir de la beauté du monde.

filet

EXTRAITS


maison enfance

Maison d'enfance (de mémoire), 1984

 

Le toit s’incline vers les ramures, bleu, comme si l’azur tout entier s’y couchait.


De mémoire (dis-tu), l’enfance a des relents de ciel.


Tu ouvres l’album des songes en conjuguant les couleurs de ta vie, à petites touches monochromes ou diaprées.

 

Ici, la corde à linge au repos. C’était sûrement dimanche.

ecolier

L'écolier

 

Tu es restée après la cloche pour balayer la classe.


Les bottes sont lourdes, ton cœur a froid mais il neige des flocons d’espérance.

 

Bouée rouge sur océan d’ennui, lanterne dans le blizzard, l’école est pour toi chemin de liberté.

saint gedeon

Souvenires de Saint-Gédéon,
1990

 

Tu balances ton cœur d’outre-mère pendant que la joie s’ébroue.


Les soucis ont pris le large, voiles au vent.
Le temps, pastel, est aux épanchements.


Bonheur étale, presque parfait.

 

Petit moment d’éternité, sur des sables mouvants.

pont

Le pont historique de Ste-Jeanne-d’Arc, 1984

 

On a rajeuni le vieux pont, bouche framboise, lifting du bois. Chemin invitant, couvert de bras en arcades.


Tu aimes tout ce qui réunit, et cette comptine de petite fille… trois fois passera…

 

Un jour tu passeras. La campagne sera verdoyante,
et tu franchiras le dernier seuil dans ta pleine beauté, démaquillée

sous bois

Sous-bois, 1984

 

À quoi songes-tu au sortir du petit bois animé d’ombres et de confidences ?


Dans ton parka de silence, tu glisses vers la clairière, emmitouflée de bonheur frileux.


Combien de nuits traversées pour enfanter une trace de lumière ?

 

Combien de pas pour faire de sa vie un chemin ?